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Quand on se sent toujours "trop" : vivre avec un trouble de la personnalité

  • Photo du rédacteur: La folle en question
    La folle en question
  • 4 nov. 2025
  • 3 min de lecture
« Nous sommes tous des malades mentaux. » — Anatomie de l'horreur - Stephen King

Comprendre la différence entre une maladie mentale et un trouble de la personnalité



Il y a une nuance que beaucoup ignorent, mais qui change tout. Une maladie mentale – comme la dépression, les troubles anxieux ou le trouble bipolaire – peut souvent être stabilisée. Médicaments, thérapie, temps, compréhension de soi : on peut aller mieux. Les crises peuvent s’espacer, les symptômes s’alléger, jusqu’à parfois retrouver une forme d’équilibre durable.


Mais un trouble de la personnalité, c’est différent. Ce n’est pas une maladie qui “s’installe” dans la vie, c’est une manière d’être au monde. Il ne s’agit pas seulement de ce qu’on ressent, mais de comment on ressent tout. Comment on aime, comment on doute, comment on réagit à la peur ou au rejet. C’est profondément enraciné dans la manière d’être soi. Et ça, ça ne se soigne pas comme une fièvre. Ça s’apprend, ça se maîtrise, ça s’apprivoise. C’est un travail permanent.


« Vous devez comprendre qu'il y a des choses qu'un être humain ne peut s'avouer, encore moins partager, sous peine de griller instantanément, de réduire son esprit en bouillie. On ne peut pas se voir tel qu'on est intrinsèquement, pas sans un minimum de fard, sans travestir un tant soit peu la réalité. » — Le Coma des mortels - Maxime Chattam

Quand ta normalité ne ressemble pas à celle des autres



Accepter que ta normalité n’est pas celle de la majorité, c’est un processus douloureux. Pendant longtemps, tu te demandes ce qui cloche chez toi. Pourquoi tu ressens tout trop fort. Pourquoi tu sembles toujours un peu à part. Les autres rient, tu analyses. Les autres tournent la page, tu ressens encore. Les autres s’adaptent, toi tu t’épuises à comprendre comment faire “comme eux”.


Cette impression d’être décalé t’isole, souvent sans que tu le veuilles. Tu observes les autres vivre avec une simplicité désarmante, pendant que toi, tu revis chaque phrase, chaque regard, chaque silence. Tu brûles d’intensité dans un monde qui ne comprend que la demi-mesure. Et à force, tu finis par te sentir “trop” : trop sensible, trop changeant, trop bruyant, trop fatiguant.


« On ne peut lutter contre ce qui ne meurt pas. » — L’âme du mal - Maxime Chattam

Le poids du “trop”



Cette sensation, elle colle à la peau. Tu veux être aimé, mais tu redoutes de ne pas l’être comme tu es vraiment. Alors tu ajustes tes comportements, tu caches tes réactions, tu contrôles tes émotions. Et pourtant, même lorsqu’on t’assure que tout va bien, une petite voix en toi répète : “Tu prends trop de place. Tu n’es pas normal. Tu vas encore décevoir.”C’est usant.


Parce que vivre avec un trouble de la personnalité, c’est souvent jongler entre le besoin profond d’être compris et la peur viscérale d’être rejeté. C’est vouloir être proche sans étouffer, vouloir être soi sans déranger.


« La nature n'abandonne personne au point de lui ôter tout moyen d'autodéfense. » - Les Freres Grimm

Apprendre à apprivoiser sa différence


Avec le temps, on apprend. Pas à changer, mais à se connaître. On comprend que ce sentiment d’être “trop” vient souvent d’un monde qui ne laisse pas beaucoup de place à l’intensité émotionnelle, à la profondeur, à la vulnérabilité. Ce n’est pas une faute d’être intense. Ce n’est pas une erreur de ressentir fort. C’est une autre forme de normalité, une autre façon de vivre la vie.Et peu à peu, on cesse de vouloir se guérir de soi-même. On apprend à se réconcilier avec cette partie de nous qu’on croyait “défectueuse”. On découvre que la différence n’est pas un défaut, mais un langage que certains comprendront, et qui donne parfois naissance aux plus belles formes d’authenticité.


« Mes lubies ont une valeur marchande. De par le monde, les cellules capitonnées regorgent d'hommes et de femmes qui n'ont pas cette chance. » - Stephen King

La route vers l’acceptation de soi est souvent sinueuse quand on se sent toujours “trop” ou “autrement”, mais chaque pas vers la réconciliation avec ce que l’on est vraiment libère une énergie inattendue. On réalise que notre valeur ne se mesure pas à notre capacité à rentrer dans un moule, mais à la sincérité de notre rapport à nous-mêmes et aux autres.



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